9h29’29” : bien plus qu’un chrono
Le Médoc Atlantique Frenchman XXL restera comme une aventure profondément marquante.
Pas parce qu’il s’agissait de mon premier triathlon XXL (ce ne l’était pas) mais probablement parce que cette édition avait quelque chose de différent. Quelque chose de plus intense, de plus exigeant, de plus humain aussi.
9h29’29”.
C’est le temps qu’il m’a fallu pour boucler les 3 800 m de natation, les 180 km de vélo, puis le marathon final.
Un chrono qui représentait bien plus qu’une performance sportive. Derrière lui, il y avait des mois de préparation, des ajustements permanents, des moments de doute, beaucoup de discipline… et cette envie constante d’aller chercher quelque chose de plus grand que soi.
L’objectif était clair : passer sous les 10 heures.
Et puis, au fil de la journée, sans vraiment calculer, sans réellement penser au chrono, ce sub 9h30 est devenu possible.
Une journée longue, exigeante… et vivante
La natation a rapidement donné le ton.
À partir d’environ 1 500 mètres, le lac est devenu hostile : pluie diluvienne, vagues, perte de visibilité, repères brouillés… autour de moi, la tension montait. Certains nageurs commençaient à paniquer.
Dans ces moments-là, il ne reste finalement qu’une chose : garder son calme. Respirer. Continuer à avancer.
Je sors de l’eau en 1h16’22”, soulagé, mais déjà conscient que la journée allait demander énormément mentalement.
Puis vient le vélo. Deux boucles de 90 km où les sensations sont étonnamment bonnes. La météo se calme, le corps répond, l’esprit aussi. La première boucle passe presque naturellement en 2h16’, à 39,5 km/h de moyenne.
Le deuxième tour est plus difficile. Le vent se lève. Les jambes commencent doucement à comprendre que la journée sera longue. Mais paradoxalement, c’est souvent dans ces moments-là que tout devient intéressant : quand il faut arrêter de subir et commencer à gérer intelligemment son effort.
Je termine finalement les 180 km en 4h44’35”, avec près de 38 km/h de moyenne.
Et puis vient le marathon.
Ce moment si particulier où l’on ne sait jamais vraiment comment le corps va réagir après autant d’heures d’effort.
Le soleil arrive enfin. L’ambiance devient incroyable. Les supporters hurlent ton prénom tous les 50 mètres, les encouragements portent littéralement le corps quand l’énergie commence à baisser.
Je pars à la sensation, autour de 4’30/km, sans trop regarder la montre. Les trois premières boucles passent presque inconsciemment. La dernière demande plus de concentration. Les cuisses brûlent. Les mollets aussi. Mais à ce moment-là, la douleur devient secondaire. Le mental prend le relais.
Et intérieurement, une certitude apparaît : plus rien ne peut empêcher d’aller chercher cette ligne d’arrivée.
Je termine ce marathon en 3h16’35” (4’39/km), pour un temps final de 9h29’29”, à la 55e place de cette édition XXL.
Ce que le sport révèle
Avec un peu de recul, je réalise que ce type d’épreuve dépasse largement le simple cadre sportif.
Parce qu’au fond, un triathlon XXL parle surtout :
d’engagement,
de régularité,
de gestion de l’énergie,
de lucidité dans les moments difficiles,
et de capacité à avancer longtemps sans perdre de vue son objectif.
Des qualités que l’on retrouve aussi énormément dans la vie professionnelle et entrepreneuriale.
Depuis plusieurs mois, je développe de nouveaux projets, de nouvelles ambitions, avec cette même envie de construire dans la durée, de m’investir pleinement, et de donner le meilleur de moi-même avec sincérité et détermination.
Cette course m’a rappelé quelque chose d’essentiel : les plus beaux résultats ne viennent pas d’un effort spectaculaire réalisé sur une journée. Ils viennent souvent d’une accumulation de petites actions répétées avec constance, même quand personne ne regarde.
Et finalement, que ce soit dans le sport, dans les projets professionnels ou dans les rencontres humaines, ce sont souvent l’engagement, la passion et la capacité à tenir dans le temps qui font la différence.
Un immense merci à toutes les personnes qui ont encouragé, soutenu ou partagé cette aventure de près ou de loin.
Merci au Lille Triathlon pour son énergie incroyable tout au long de la journée.
Merci à ma famille.
Et une pensée toute particulière à ma sœur, avec qui j’ai partagé une partie de cette préparation, et qui réalise elle aussi une superbe performance en 10h31’31”, avec une magnifique 8e place féminine.
L’aventure continue.